Vœu sur la condition animale, Conseil Municipal de Grenoble du 9 juillet 2019

Vœu sur la condition animale, Conseil Municipal de Grenoble du 9 juillet 2019

03:59:37 Présentation du vœu au nom du groupe RCGE par Antoine BACKhttp://unevillepourtous.fr/2018/07/06/pour-lamelioration-de-la-condition-des-animaux/
04:05:00 Interventions des oppositions
04:09:35 Réponses d’Antoine BACK & Elisa MARTIN
04:19:24 Interventions des oppositions
04:20:52 Conclusion par le Maire Eric PIOLLE et vote du vœu

En 1789, au cœur du siècle des Lumières, dans son Introduction aux principes de la morale et de la législation, le philosophe anglais Jeremy Bentham postulait à propos des animaux :
« La question n’est pas « peuvent-ils raisonner ? » ni « peuvent-ils parler ? » mais bien « peuvent-ils souffrir ? » »
En France il faudra attendre 2015 pour que le législateur réponde enfin à cette question, fût-ce imparfaitement, dans le nouvel article 515-14 du Code Civil :
Les animaux sont des êtres vivants doués de sensibilité. Sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens.
Autrement dit : un animal éprouve un ensemble de sentiments (sensations, perceptions et émotions) positifs ou négatifs, depuis la douleur et la peur jusqu’au plaisir et la joie.
La recherche éthologique (l’éthologie étant la science du comportement animal) confirme depuis longtemps ce que chacun intuite depuis toujours : certains animaux présentent des capacités mentales que l’on croyait jusqu’alors réservées aux seuls humains, comme être conscients d’eux-mêmes, être capables de résoudre des problèmes nouveaux, avoir des représentations mentales, comprendre ce que d’autres animaux savent ou se disposent à faire.

Reconnaître la sentience animale n’est en rien diminuer la valeur de l’être humain en tant qu’espèce douée de science, de culture et de technologie ;
Reconnaître la sentience animale n’est en rien un acte de sensibilité excessive, pour ne pas dire de sensiblerie, mais prendre acte des connaissances scientifiques de l’époque en matière d’éthologie ;
Reconnaître la sentience animale n’insulte aucune croyance, aucune religion ; cela honore celles et ceux qui, doués de raison, reconnaissent le droit à des formes de vie apparemment dépourvues de cette qualité le droit à ne pas souffrir inutilement.

En toute logique, le vœu que notre groupe soumet ce soir au débat et au vote du Conseil Municipal de Grenoble ne devrait soulever ni doute sur les intentions, ni obstruction, ni polémique, mais au contraire susciter l’adhésion de tous les groupes réunis, à l’image de vœux similaires dans de très nombreuses collectivités de France et d’ailleurs, de quelque sensibilité politique que ce soit, souvent votés à l’unanimité.

Ou, pour le dire avec Alphonse de Lamartine :
« On n’a pas deux cœurs, un pour les animaux et un pour les humains. On a un cœur ou on n’en a pas.« 

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